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Publication de l’analyse climatique passée et future des terres viticoles sur le secteur Ventoux

Documents joints :

En France, l’évolution de la température a connu un réchauffement d’environ 30% plus élevé que le réchauffement moyen planétaire. Face à ce constat, nous ne pouvons que nous remettre en question et essayer d’évaluer les conséquences de ce réchauffement sur la vigne et les évolutions futures afin d’anticiper et de gérer les besoins de notre culture. C’est dans ce contexte que l’ODG a réalisé en partenariat avec l’INRA une étude climatique passée et future des terres viticoles sur le secteur Ventoux.

Le changement climatique a déjà affecté et modifié les conditions climatiques du vignoble. Au cours de ces 50 dernières années, cette région a vécu une avancée importante et significative du point de vue statistique de sa phénologie. L’évolution est différente selon les secteurs mais on note une tendance à l’homogénéisation du vignoble. Les conséquences observées sont surtout le déplacement de la phase de maturation du raisin vers des périodes beaucoup plus chaudes.

Si l’on compare avec les autres vignobles du Vaucluse, le Ventoux garde une amplitude thermique plus importante. La contrainte hydrique a commencé à évoluer et elle commence à être de plus en plus importante en fin de cycle. Les autres variables climatiques qui ont été étudiées n’ont pas montré de tendance significative.

Concernant le futur, peu importe les scénarios étudiés, l’avancement de la phénologie ainsi que l’augmentation de la température vont inexorablement continuer jusqu’en 2050. Il faut donc travailler dès maintenant si l’on veut s’adapter à ces changements.

Si au-delà de cette date et si la tendance aux émissions n’est pas inversée dans les 5 années à venir l’évolution du climat sera telle que notre capacité d’adaptation dans certains secteurs deviendra de plus en plus limitée, voire nulle.

La température apparait comme LE facteur clé qui va changer à l’avenir. L’eau reste un facteur limitant important mais dont sa tendance est plus incertaine. Néanmoins, l’interaction entre les précipitations et les températures peut se traduire par une hausse de l’évapotranspiration, laquelle risque d’accroître les situations à déficit hydrique. Ces tendances peuvent être plus ou moins amplifiées selon le type de sol (superficiel ou profond), l’exposition et le type de système que l’on pratique.

Dans ce cadre, diverses questions émergent qui permettraient de définir plusieurs voies d’adaptation complémentaires :

-  Est-il possible d’évaluer la résistance à la sécheresse et aux fortes températures des cépages déjà cultivés ? Qui supporte mieux les fortes températures ? Qui limite l’augmentation du dégrée alcoolique et la rapide dégradation de l’acidité ?

-  Quelle est la pertinence et la viabilité des systèmes de conduite actuels (palissage, gobelet) face à ces contraintes ? Y-a-t ’il des systèmes plus résilients que d’autres ? Existe-t ’il déjà un retour d’expérience local sur la question ?

-  Quels sont potentiellement les terroirs du vignoble actuel qui permettront de limiter ces évolutions ? Y-a-t ‘il des nouveaux terroirs potentiellement favorables et non exploités actuellement ?

-  Comment améliorer l’efficience d’utilisation de l’eau ? Comment assurer une viticulture sans eau quand l’irrigation ne peut pas être envisagée ?

-  Comment accompagner une évolution du vignoble, où toutes les viticultures qui existent actuellement (familiale, négoce, coopérative) puissent encore coexister à l’avenir ?

Toutes ces questions et d’autres qui pourront émerger à la lecture de ce rapport sont des enjeux forts auxquels la viticulture devra faire face demain.

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